Web Summit :: Pourquoi il est urgent de repenser notre façon de collaborer ? (sinon nous allons tous mourir)

En ce premier jour de Web Summit, je vous propose de revenir sur la conférence intitulée “Is collaboration killing us ?” Je me suis rendue sur cette conférence car elle faisait sens pour deux startups de la délégation Digital League 2019 : Cocoom et Glowbl. Toutes deux l’avaient identifié comme une conférence inspirante. C’est donc bras-dessus bras-dessous avec Anne-Laure Plessier, la fondatrice de Cocoom et Laurent Souloumiac le fondateur de Glowbl, que je m’y suis rendue. Voici ce que j’ai retenu de ce temps d’échange. 

Tout d’abord le constat. Aussi paradoxal que simple, il mérite que nous nous y attardons. Du chat au partage de fichiers en passant par les pings, nous n’avons jamais possédé autant de moyens de communiquer et de collaborer. Pourtant, malgré la prolifération de ces outils de collaboration, la productivité réelle, elle, a considérablement diminué en entreprise. 

Comment expliquer ce paradoxe entre la quantité d’outils et la faiblesse des résultats ?

Dans un premier temps, je pense que “notre culture de la notification permanente” est une pollution de chaque instant qui nous empêche de nous concentrer et donc d’être vraiment efficace. Repenser notre façon de collaborer implique des actes concrets et simples : désactiver les notifications, supprimer les réunions qui n’ont pas d’objectif, combattre les emails inutiles en se désabonnant des newsletters qui finissent systématiquement dans la corbeille sans même avoir été lues. Il est urgent que chacun puisse se concentrer sur le travail qui compte.

En parlant de ce qui compte, il est également intéressant de se pencher dans un deuxième temps, sur la parfois faible culture ROIste de certaines entreprises. Ce manque de suivi des résultats peut être lié à un défaut de transparence dans l’entreprise. Durant la conférence, Chris Farinacci évoquait que “9 personnes sur 10 avaient l’impression de faire plus que leurs coéquipiers”. Ce chiffre est génial : il démontre à quel point, faute de clarté sur le rôle, les missions et les KPI de chacun, chacun s’estime supérieur à son voisin. Et donc indirectement le qualifie de “branleur”. Pour revenir sur le symptôme de “réunionite”, le véritable problème se situe dans le fait que les réunions ont hélas trop souvent pour but de déterminer qui fait quoi plutôt que d’évaluer la productivité des actions de chacun. 

Le constat, maintenant expliqué, prend un nouveau visage : la perte de sens. Convaincus que ces moyens de communication garantissent une rapidité d’exécution, les collaborateurs foncent tête baissée sans prendre le temps de comprendre en amont. Convaincus que ces moyens de communication garantissent une transparence parfaite des enjeux, les managers laissent leurs équipes foncer sans prendre soin d’insuffler du sens et du dialogue.

Alors oui. La collaboration, si nous ne la revisitons pas, si nous ne la canalisons pas, si nous ne la contrôlons pas, va tuer l’entreprise. Pour Anne-Laure Plessier, la fondatrice de Cocoom, la collaboration est clairement en train de nous tuer. Elle explique :

“Nos échanges, nos emails, nos discussions se sont démultipliés, ce qui rend la collaboration riche, mais épuisante. Nos cerveaux ne sont pas fait aujourd’hui pour traiter autant d’informations de manière simultanée, cela mène rapidement au surmenage et à la perte des informations clés pour l’entreprise”.

Il est donc aujourd’hui urgent de trouver de nouveaux moyens pour engager les salariés. Cette implication passera inéluctablement par une refonte de notre façon de collaborer. Pour répondre à cette promesse, Cocoom a repensé le mode de partage en entreprise. Cocoom c’est une plateforme de partage de connaissances nouvelle génération, pour synthétiser les informations clés et les centraliser. Cocoom garantit moins d’informations, plus qualitatives et plus accessibles. 

Pour Laurent Souloumiac, CEO de la startup Glowb, les outils collaboratifs traditionnels sont inefficaces voir contre-productifs car “ils offrent des expériences souvent asynchrones et pauvres”.  Il est en revanche convaincu que des ergonomies innovantes permettent un meilleur engagement. Pour Laurent Souloumiac

“il est temps d’intégrer les interactions de la vie réelle dans les expériences numériques”.

Selon lui, repenser la collaboration implique d’humaniser les outils digitaux afin de reproduire le réel et de se sentir ensemble, proches les uns des autres et ainsi créer plus d’interactions et plus d’efficacité. 

Bref. La collaboration est morte. Vive la collaboration !