Web Summit :: Et si la cryptomonnaie nous permettait de faire plus de dons ?

Hier se tenait au Web Summit, une conférence animée par le chanteur de RnB Akon. Lors de cette conférence, intitulée “Akon, Akoin and Africa’s emerging economy”, le chanteur revenait sur le lancement de sa devise digitale baptisée Akoin. Cette crypto-monnaie fait écho à sa précédente initiative nommée Lighting Africa visant à aider le continent africain. Suite à cette conférence, j’ai échangé avec Alexandre Ayad, le fondateur de Carisinfo, startup de la délégation 2019 de Digital League qui répond aux besoins spécifiques des associations caritatives en leur fournissant les outils pour mener à bien leurs campagnes de collecte (applications mobiles, sites web, e-mailing, campagnes de mobilisation, etc.).

Comment l’Afrique peut-elle donner l’exemple et inciter les acteurs de l’intérêt général à mettre en place des dispositifs digitaux innovants et ainsi maximiser leurs campagnes de collecte ?

Jon Karas (Akoin), Akon (Akoin) et Noelle Acheson (CoinDesk) sur la scène de Money Conf – Web Summit 19

Dès le début de la conférence, Akon donne le ton

“Je veux utiliser ma célébrité pour avoir un fort impact et contribuer à la reconstruction du continent africain”.

Akon est en effet convaincu d’une chose : la technologie blockchain et la cryptomonnaie peuvent être des sauveurs pour l’Afrique. Non seulement, ces technologie rendent le pouvoir aux gens. Mais en plus, “elles ramènent une sécurité dans le système monétaire tout en permettant aux gens de l’utiliser pour avancer et non de permettre à un gouvernement de faire des choses qui les laissent à terre.”

Il faut dire que 65% de la population africaine a moins de 21 ans. Cette caractéristique explique notamment pourquoi la population africaine est ouverte aux nouvelles techniques de paiement, comme en témoigne le Money Banking, la banque mobile dont le continent est devenu l’Eldorado. Alexandre Ayad, le fondateur de Carisinfo, renchérit :

“ Avec 600 millions d’abonnés prévus en 2025, l’essor du téléphone mobile soulève de grands espoirs pour l’avenir de l’Afrique subsaharienne, notamment au travers du “mobile money” qui révolutionne les échanges commerciaux.”

Face à ce constat, Carisinfo envisage d’ailleurs d’ajouter le mobile money à son moteur de paiement dans la zone monétaire CFA. Zone où de nombreuses organisations ont des projets de collecte Sud-Sud soutenus par des bailleurs internationaux visant l’autonomisation des organisations locales.

Du règlement par téléphone à la monnaie virtuelle cryptée, il ne semblait y avoir qu’un pas. Un pas que Akon a franchi en orchestrant l’écosystème Akoin. Persuadé que les Digital Natives africains maîtrisent parfaitement la technologie numérique et sont tous “des entrepreneurs par nature”, Akon a lancé l’écosystème Akoin qui selon lui “libère le potentiel de la plus grande économie émergente du monde”. Il entend, en soutenant l’entrepreneuriat des jeunes Africains, stimuler les initiatives génératrices de revenus et donc la stabilité économique et la croissance en Afrique.

« Les jeunes entrepreneurs sont partout. Maintenant, avec Akoin, ils ont à la fois une monnaie et une plateforme : ces deux outils leurs permettront d’avoir un impact économique et social positif”

Akon


Pour Alexandre Ayad, le fondateur de Carisinfo, la cryptomonnaie peut clairement renforcer cet impact économique et social positif.

“Moins de 7% des dons réalisés chaque année par les particuliers en France se font par Internet, témoigne-t-il. Alors que 95 % des organisations à but non lucratif ont un site web, seulement 56 % acceptent les dons en ligne”.

Alexandre Ayad, Carisinfo

Le constat est clair : seule une infime partie des organisations françaises sont aujourd’hui prêtes à accepter les paiements en crypto monnaies. Pour le fondateur de la startup Carisinfo, l’innovation viendra clairement d’Afrique