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Jeudi 27 Février 2020 – 1er DL Club Green IT à Saint-Etienne
Animateur/Scribe : Michael NGO
Présent : Frédéric PEYRARD (DOING), Catherine BOCQUET (SFI), Nicolas BARD (STRAT&SI), Jonathan COURBON (IUT LE PUY-EN-VELAY), Philippe BEAUNE (EMSE), Bruno LEGER (INSTITUT FAYOL), Lois MOREIRA (POLE ECO-CONCEPTION), Romain BIARD (WIPSIM)
(Merci à toutes et tous, pour votre participation, vos bonnes pratiques et vos problématiques)

Introduction du DL Club Green IT…

Pourquoi ? Comment ? Dans quel but, ce DL Club Green IT est-il en place ?
Nous nous posons tous des questions sur le digital, sur ses usages, sur les manières d’intervenir, sur les possibilités que nous avons en tant qu’acteur du numérique d’agir, concrètement, sur une thématique couplant les forces du numérique alliées au développement durable et au respect des ressources disponibles sur notre planète.

C’est plus clair comme ça ?

Green IT, Green Code, Green Tech’, IT for Green, et patati et patata…

Tout d’abord, petit point sur les différents termes qui sont dans notre giron…
Durant nos échanges Lois MOREIRA (Pôle Eco-Conception), nous a apporté une certaine clarté sur le Green IT, l’éco-conception de services numériques et le IT for green.

  • Green IT : Tout ce qui a un lien avec le hardware et l’intégration de l’environnement dans ce cycle
  • Eco-conception de services numériques : Univers du software, l’idée est de voir comment le soft’ aura une influence sur le hard’
  • IT for green : Le digital au service d’une solution pour réduire l’impact environnemental (ex. une app’ visant à limiter le gaspillage alimentaire)
Les « basiques » sont-ils acquis ? Cool, la suite…

Ce n’est un secret pour personne, nos DL Club sont là pour partager nos bonnes pratiques, notre expérience, etc. et c’est justement ce que nous avons fait. Et le constat est unanime… La sobriété numérique, l’informatique durable, le Green IT ainsi que toute l’actualité liée à l’impact du numérique sur l’environnement sont des sujets qui animent notre écosystème. Mais, il apparait qu’avoir la bonne info’ n’est pas la chose la plus aisée.

En effet, les sources sont nombreuses, autant que les avis et les approches qui en découlent et faire le tri dans tout ça n’est parfois pas évident.

L’open bar énergétique et le forfait illimité

Nous vivons une certaine « déraison » actuellement dans le digital car les vannes des canaux de communication sont pleinement ouverts, alors pourquoi s’en priver me direz-vous ? La problématique des forfaits illimités (que nous avons tout un chacun par ailleurs…) et surtout de ses effets collatéraux met en avant que cette notion d’illimité nous fait justement perdre la notion de mesure. Par exemple, ceux qui ont eu un téléphone portable au début des années 2000 se rappellent encore de la contrainte de 160 caractères pour les SMS (qui a notamment créé le langage texto), mais qu’en est-il aujourd’hui ? Y fait-on attention ? J’en doute.
Ainsi, comment mesurer quand on nous propose de l’illimité, et surtout comment prendre conscience qu’il y a toujours un coût derrière ?

Si ça ne coute rien, ça ne peut pas faire de mal !

Source : imaginaire collectif.

En somme, aujourd’hui, nous avons plutôt tendance à doubler la puissance, à doubler un espace de stockage qu’à faire le contraire. Augmenter le débit, augmenter l’hébergement, toujours augmenter, pour au final augmenter sans raison. Mais des souhaits d’usages « raisonnés » commencent à fleurir autant dans l’industrie digitale que pour leurs propres clients…
Ainsi, quelles seraient les bonnes méthodologies, démarches, actions à apporter à nos adhérents ?!? Quels seraient les repères, simples et significatifs en matière de sobriété numérique ?

Et le matos dans tout ça ?

Outre l’aspect dématérialisé de notre activité, nous avons bon gré mal gré besoin de matériels physique pour accomplir nos taches.
Nous nous sommes tout d’abord questionnés sur le matériel, son usage, sa durée de vie, ses possibilités de lui de donner une 2nd vie, etc. Et malheureusement, il n’y a que peu de solutions existantes à ce jour. Le réseau ENVIE nous semble être le bon partenaire identifié pour donner une nouvelle chance à nos matériels informatiques, néanmoins, la complexité d’une remise à niveau matériel et la multiplication des supports rend cette opération compliquée, et à l’heure actuelle ENVIE ne semble plus en mesure d’absorber les différentes demandes de traitement des déchets informatiques. Des alternatives existent comme Weeefund, mais le constat montre que ces déchets informatiques partent bien trop souvent en déchetterie… Des alternatives, via des circuits courts, seront certainement à créer à l’avenir.

Données & conscience écologique

Comme vous pourrez le constater dans notre veille sur la sobriété numérique, nous avons énormément de chiffres à notre disposition. Mais que doit-on en faire ? Il est effectivement, aussi opportun que nécessaire, d’apporter ces chiffres, ces données au plus grand nombre. Tout un chacun doit connaître, comprendre ses usages numériques (personnels et professionnels) afin d’y apporter un impact dessus. Quel est le coût énergétique d’une heure sur Netflix ? Si je fais « répondre à tous », cela demande combien de ressources ? Ai-je arrêter mon ordinateur cette semaine ?
Tout cela peut en effet, être chiffré, mais est-ce la bonne démarche ? OUI dans un premier temps, nos échanges ont mis en avant que s’il n’y avait pas de compteur, il était difficile de prendre conscience des choses. Et également, que nous avons su tirer les leçons moralisatrices sur le développement durable d’il y a une vingtaine d’années. C’est un basique, vous en conviendrez, et nous démarrerons par cela, apporter des chiffres pour comprendre ses propres usages, pour s’autoresponsabiliser, afin d’alimenter ces réflexions. Beaucoup d’ingénierie seront à développer sur ce sujet, car face à la pression du résultat, de la rapidité, du toujours plus, il ne sera pas aisé de s’autoréguler face à la pression du marché.

Et pour les talents de demain ?

Nos échanges ont aussi mis en avant, le public qui semblait le plus réceptif à cette thématique : les étudiants. En effet, ces talents d’aujourd’hui et de demain, seront dans peu de temps, au sein de vos équipes, alors mieux vaut qu’ils aient les bonnes pratiques dès le départ. Nos participants du monde de l’éducation nous ont notamment faire remonter que ce sujet intéressait leurs étudiants, mais que s’il pouvait avoir l’information directement, sans trop la chercher, ce serait bien mieux. Outre cet accès à l’information, la génération de demain se doit de disposer des indicateurs, des bonnes pratiques, de la dimension écologique de leurs usages numériques pour qu’ils puissent en avoir conscience et les mettre en place. Fini les indicateurs déguisant un bâton, montrons plutôt les gains, et entrons dans une discussion positive sur les usages numériques. Vos futurs collaborateurs se questionnent sur leur futur, sur leur avenir et souhaitent le modeler dans ce sens. La pression sociale fait qu’aujourd’hui, ce public identifie facilement les bonnes des mauvaises entreprises, et dans cette quête de sens professionnel, la sobriété numérique ne peut être qu’un atout vous permettant de rencontrer ces personnes.
A ce titre, une « bonne » conscience digitale peut aussi participer à l’employabilité. Actuellement, certains d’entre-vous attirent les talents avec cette approche RSE, développement durable, qui participent activement à votre marque employeur, et demain ? Le fait de se poser des questions et d’en trouver les réponses, est un facteur d’employabilité et pourrait à terme un facteur de choix entre deux candidats…

Et si tout redevenait plus léger ?!?

Ce DL Club a mis aussi en avant, que cela était inutile de corriger les solutions existantes actuellement, mais qu’il était judicieux d’en créer de nouvelles, en accord avec la sobriété numérique.

En effet, aujourd’hui, tout doit être rapide, et accessible en une fraction de seconde. Cette course à la rapidité (d’affichage notamment) peut être un facteur de différenciation entre deux boutiques en ligne, par exemple, et celle qui s’affichera plus rapidement qu’une autre, aura un taux de conversion de ses ventes plus haut que son voisin. Mais faire du « léger » n’a pas que cet effet, plus c’est léger, plus c’est rapide, donc moins cela est gourmand ! L’aspect mercantile d’une page Web rapide est une chose, mais une solution digitale rapide (car optimisée) consommera moins de batterie, de traitement algorithmique, d’espace d’hébergement… Bref, il n’y a que des avantages… tant que ceux -ci sont mesurables !

Cap sur l’éco-conception de services numériques

L’ensemble de notre réflexion, de nos échanges, de nos partages pointent tous en direction de l’éco-conception de produits et services numériques.
Au lieu d’apporter des correctifs à des solutions existantes, au lieu d’essayer de transformer des 2CV en voitures de course, autant inventer de nouvelles solutions.

En résumé !

Le 1er DL Club Green IT a eu lieu et nous permet de disposer d’une feuille de route, au minima pour l’année 2020…
2nd Club, le 02 Avril prochain (très certainement en ligne…) et inscrivez-vous ICI.
A retenir de ce DL Club :

  • Sujet d’actualité et d’avenir
  • Question de la 2nd vie du hardware et des solutions à mettre en place
  • Bonnes pratiques à mettre en commun et à partager au reste du réseau
  • Réflexion autour d’une solution pour apporter audit & préconisations sur les solutions digitales de nos adhérents
  • Mettre en place les premières briques de l’éco-conception de services numériques

… et quelques ressources :

  • Site EcoIndex : Evaluation gratuite de la performance et de l’empreinte environnementale d’un site Internet.
  • Site NegaOctet : Évaluation de la performance environnementale des services numériques en vue de leur écoconception
  • Pole Eco-Conception : éco-conception de service numérique
  • Notre veille sur la sobriété numérique : n’hésitez pas à partager, diffuser, commenter, nous faire passer vos infos, etc.

Et comme pourrait dire le Commissaire Bialès…
Bref, on vous en dit plus dans les semaines à venir.
Stay tuned…