JO Alpes 2030 : ce que les entreprises du numérique doivent retenir après le lancement de la stratégie de mobilisation économique
Le lancement de la stratégie de mobilisation des filières économiques des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver Alpes françaises 2030 marque un changement de phase. À Marseille, le 25 mars dernier, il n’était plus seulement question de vision, d’héritage ou d’ambition territoriale mais de marchés, de méthode, de calendrier et de conditions d’accès.
Pour les adhérents de Digital League, le signal est clair : les Alpes 2030 ne concernent pas seulement le BTP, l’événementiel ou les grands opérateurs. Le dispositif présenté ouvre aussi des perspectives aux entreprises du numérique, qu’elles interviennent sur les logiciels, les infrastructures IT, la cybersécurité, la communication radio, l’audiovisuel, la signalétique, les solutions ticketing, les systèmes de contrôle d’accès ou encore l’intégration d’équipements digitaux.
Un volume d’opportunités qui commence à se structurer
Les chiffres présentés lors du lancement donnent la mesure de l’enjeu. Le COJOP prévoit plus de 1,4 milliard d’euros d’achats pour l’organisation des Jeux. La Solideo Alpes 2030 annonce de son côté 1,4 milliard d’euros d’investissements pour les infrastructures nécessaires, dont 800 millions d’euros de financements publics, complétés par des contributions privées. Au total, les organisateurs parlent d’environ 2,4 milliards d’euros d’achats directs portés par le COJOP et la Solideo.
Au-delà du volume, c’est la logique d’ouverture qui mérite l’attention. Le COJOP affiche l’ambition d’attribuer plus de 50 % de ses marchés à des TPE et PME. La Solideo, elle, fixe un objectif de 25 % de ses marchés au bénéfice des TPE, PME et acteurs de l’économie sociale et solidaire. Autrement dit, les Jeux ne sont pas présentés comme un terrain réservé à quelques grands groupes, mais comme un écosystème de commandes où la capacité à se positionner tôt, seul ou en groupement, peut faire la différence.
Pour les entreprises du numérique, les opportunités ne se limiteront pas à un “lot tech”
L’un des enseignements les plus utiles de la plateforme Marchés 2030 (https://www.marches2030.org/) est qu’elle donne déjà une lecture concrète des familles d’achats. Pour les adhérents Digital League, cela permet d’éviter une erreur fréquente : imaginer que les opportunités numériques seront cantonnées à quelques marchés informatiques isolés. En réalité, le numérique traverse de nombreuses briques du projet.
Les besoins potentiels identifiés couvrent notamment la sécurité et la sûreté, le matériel de contrôle d’accès, le commandement-communication-transmissions, l’accréditation, la production audiovisuelle, les prestations graphiques web et vidéo, les solutions technologiques transports, l’intégration d’équipements IT, les systèmes hardware et software, les logiciels, les solutions ticketing, la communication radio fréquence, les systèmes audio, les vidéoboards et les infrastructures digitales et administratives.
Cela signifie plusieurs choses pour les entreprises de l’écosystème Digital League.
D’abord, que les opportunités pourront concerner aussi bien des éditeurs que des ESN, intégrateurs, spécialistes cyber, agences digitales, acteurs de la data, entreprises de l’audiovisuel technique ou sociétés expertes des infrastructures connectées. Ensuite, que la logique de réponse sera souvent transversale : sur ce type de projet, la valeur se joue rarement sur une brique technologique seule, mais sur sa capacité à s’insérer dans une chaîne opérationnelle plus large. Enfin, que la constitution de groupements ou de partenariats sera probablement un levier clé.
Marchés 2030 devient le point d’entrée à surveiller dès maintenant
Le lancement a aussi clarifié l’architecture d’accès aux opportunités. La plateforme Marchés 2030 est présentée comme l’interface unique pour accéder à l’ensemble des marchés publics liés à la préparation des Jeux, qu’ils soient publiés par le COJOP, la Solideo ou les autres maîtres d’ouvrage impliqués. Elle centralise les appels d’offres, les documents de stratégie achats, une FAQ, un annuaire d’entreprises et les dispositifs d’accompagnement proposés par les Régions.
Pour une entreprise du numérique, il ne s’agit donc pas seulement de consulter des appels d’offres de temps en temps. Il faut regarder Marchés 2030 comme un outil de veille, de visibilité et de mise en relation. La plateforme permet de s’enregistrer dans l’annuaire, afin d’être identifié par d’autres entreprises souhaitant constituer un groupement, mais aussi par les organisateurs dans le cadre de démarches de sourcing en amont des marchés.
La RSE ne sera pas un habillage : elle pèsera dans la note
C’est l’un des points les plus importants pour les entreprises qui envisagent de se positionner : la RSE ne relève pas ici du discours périphérique. Elle entre dans la mécanique d’évaluation des offres.
Le COJOP a annoncé que la part des critères de notation réservée aux dimensions sociales ou environnementales sera de 20 % minimum pour l’ensemble des marchés éligibles, avec une montée possible à 30 % pour les marchés stratégiques. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie d’achats à impacts articulée autour de trois axes : réduction de l’empreinte environnementale, inclusion et innovation sociale, développement local.
Concrètement, cela veut dire que les entreprises ne seront pas seulement jugées sur le prix et la performance technique. Elles devront aussi démontrer leur capacité à répondre à des attentes de sobriété, de réemploi, d’éco-conception, de traçabilité, de conditions de travail, d’inclusion ou d’ancrage territorial selon les marchés concernés.
Parmi les engagements mis en avant figurent notamment l’exigence d’un système de management environnemental pour les fournisseurs, la priorité à la location, à la seconde main et au réemploi lorsque cela est pertinent, l’éco-conception avec mesure de l’empreinte carbone et de la consommation d’eau, ainsi que des clauses favorisant l’inclusion et l’employabilité.
Pour les acteurs du numérique, le sujet est donc très concret. Une réponse compétitive devra probablement être capable de parler à la fois de qualité de service et de sécurité, mais aussi de cycle de vie des équipements, de sobriété des infrastructures, d’accessibilité, de politique RH, de sous-traitance responsable ou encore de contribution au tissu local. Autrement dit, sur Alpes 2030, un bon mémoire technique sera aussi un mémoire qui sait documenter ses preuves RSE.
Fort heureusement pour les adhérents Digital League, nos actions en la matière ne manquent pas : accompagnement à la labellisation Numérique Responsable, présentation des labels, démarche RSE, inclusion, recyclabilité, éco-conception de services numériques…sont autant de sujets traités dans les Clubs ou lors de Talks. N’hésitez pas à consulter régulièrement l’agenda pour les retrouver.
Un cadre qui valorise aussi l’intégrité et la qualité fournisseur
Autre signal utile pour les entreprises : le COJOP a signé, lors de l’événement, la Charte Relations Fournisseurs et Achats Responsables, dans une démarche alignée avec la norme ISO 20400. Le dossier de presse précise également la mise en place, à partir de début 2027, d’une plateforme de signalement et la possibilité de diligenter des audits externes auprès des prestataires, sur la base d’une cartographie des risques ou de signalements.
Pour les entreprises du numérique, en particulier celles qui travaillent sur des fonctions critiques, des données, des systèmes d’information ou des dispositifs de sûreté, cette dimension est loin d’être secondaire. Elle rappelle que la crédibilité fournisseur ne se jouera pas seulement sur la promesse commerciale, mais aussi sur la robustesse de l’organisation, la conformité, la qualité des partenaires mobilisés et la capacité à tenir dans la durée.
Côté Auvergne-Rhône-Alpes, un dispositif d’accompagnement est déjà en place
Les ressources officielles présentées pendant le lancement confirment que la Région Auvergne-Rhône-Alpes a structuré son pilotage avec l’Agence économique Auvergne-Rhône-Alpes et le Cluster Montagne, eux-mêmes s’appuyant sur les Pôles et Clusters financés par la Région dont Digital League. Ce tandem déploie déjà des réunions et actions d’information sur l’actualité des Jeux et les opportunités.
Le dispositif régional prévoit aussi la publication d’un livret valorisant 355 solutions innovantes en Auvergne-Rhône-Alpes dans des domaines tels que la mobilité, les infrastructures, la durabilité, la sécurité, l’énergie, la signalétique, le numérique et l’héritage. Une quinzaine de solutions innovantes étant issues de l’AMI lancé par Digital League dans ce cadre fin 2025.
Le calendrier à avoir en tête
Le lancement du 25 mars a posé un jalon politique et opérationnel. Mais il s’accompagne déjà d’un calendrier à suivre.
Côté Auvergne-Rhône-Alpes, les prochains rendez-vous annoncés sont Mountain Planet à Grenoble du 21 au 23 avril 2026, un webinaire le 2 juin 2026 consacré à la manière de saisir les marchés dans les meilleures conditions, puis une convention d’affaires le 8 octobre 2026 au Puy-en-Velay.
Ce calendrier dit une chose simple : l’enjeu n’est pas d’attendre les gros marchés de 2029. Les organisateurs et les Régions poussent clairement les entreprises à se préparer en amont, à comprendre la commande publique, à travailler leur mémoire technique, à valoriser leurs actions RSE et à construire leurs réseaux de cotraitance ou de sous-traitance dès maintenant.
Ce qu’un adhérent Digital League peut faire dès maintenant
La bonne lecture de ce lancement n’est donc pas : il y aura peut-être des marchés intéressants plus tard.
La bonne lecture est : le terrain est en train de se structurer, et ceux qui se rendront visibles, crédibles et lisibles tôt auront un avantage.
Pour une entreprise du numérique, cela suppose au minimum quatre réflexes : se référencer dans l’annuaire Marchés 2030 pour être visible dans l’écosystème, cartographier les familles d’achats pertinentes plutôt que d’attendre un appel d’offres idéal, préparer son argumentaire RSE comme un critère de compétitivité et non comme un supplément, et identifier dès maintenant les partenaires avec lesquels construire des réponses plus solides.
Digital League est ainsi là pour vous accompagner sur les sujets RSE au travers de ses actions mais aussi vous permettre d’identifier d’autres adhérents pouvant devenir partenaires pour répondre en groupement.
Tout le dispositif présenté à Marseille pousse dans cette direction : davantage de transparence, davantage d’anticipation, davantage de préparation collective.
Les Jeux Alpes 2030 ne seront pas seulement un sujet d’image pour les territoires. Ils peuvent aussi devenir, pour les entreprises du numérique, un terrain concret de démonstration, d’innovation et de coopération. À condition de ne pas les regarder de loin.
Sources :
Lancement de la stratégie de mobilisation des filières économiques des Alpes Françaises 2030 : https://www.solideo-2030.com/lancement-de-la-strategie-de-mobilisation-des-filieres-economiques-des-alpes-francaises-2030-plus-de-800-acteurs-reunis-a-marseille/
Dossier de presse : https://www.solideo-2030.com/wp-content/uploads/2026/03/Dossier-de-presse_Lancement-de-la-strategie-de-mobilisation-des-filieres-economiques.pdf
Replay : https://www.youtube.com/watch?v=9O5DEwlLPBE
Plateforme Marchés 2030 : https://www.marches2030.org/
Comité International Olympique : https://www.olympics.com/cio/news/alpes-francaises-2030-une-strategie-des-jeux-au-service-des-entreprises-et-des-territoires