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JOP Alpes 2030 x cybersécurité : le hasard fait parfois bien les choses

8 juillet 2026 par
JOP Alpes 2030 x cybersécurité : le hasard fait parfois bien les choses
DIGITAL LEAGUE Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent PAÏTA

Parfois, le hasard fait bien les choses en mettant deux sujets dans la même pièce avant même que l’on ait eu le temps de les relier. 

Il y a quelques jours, le lundi 29 juin 2026, au Campus Région du numérique, deux évènements majeurs se sont répondus presque naturellement : d'un côté l’officialisation de la labellisation du futur Campus Cyber territorial Auvergne-Rhône-Alpes, avec une ouverture fin 2026, et de l'autre côté la présentation de la carte des sites des JOP Alpes 2030, avec le transfert du pôle glace dans la métropole de Lyon.

Coïncidence ? Peut-être.
Signal ? Certainement.

Car derrière cette belle simultanéité, une évidence se dessine. Les Jeux Olympiques et Paralympiques Alpes 2030 ne seront pas seulement une aventure sportive, logistique ou touristique mais seront aussi un test grandeur nature de coopération inter-régionale et surtout de cyber-résilience. Les afficionados des Journées de la Cyber se remémoreront d’ailleurs les 2 keynotes de Franz REGUL (RSSI des JOP de Paris 2024), avant et après les JOP.


Les Jeux ne se résument pas à des sites

Avec l’arrivée du pôle glace dans la métropole de Lyon, la région Auvergne-Rhône-Alpes prend une place prépondérante dans l’architecture même des JOP Alpes 2030. La Halle Tony Garnier, la LDLC Arena et Eurexpo figurent parmi les sites retenus pour accueillir les épreuves de glace, dans une organisation qui restera malgré tout répartie entre plusieurs territoires alpins.

Mais une carte olympique n’est autre qu’une liste de sites, tous composés d’infrastructures numériques qui devront, le Jour-J, fonctionner sans faillir. Transports, hôtellerie, restauration, énergie, télécoms, paiement, collectivités, prestataires techniques, sécurité privée, événementiel, fournisseurs, industriels, commerces de proximité : les JO reposeront sur une variété d’acteurs beaucoup plus large que les seules infrastructures officielles.

Dès lors, le sujet cyber devient un peu plus stratégique… non pas parce qu’il faudrait dire que tout est synonyme de "risque", mais parce qu’un événement mondial révèle les possibles défaillances à venir : un hôtel bloqué, un prestataire transport indisponible, un paiement impossible, une campagne de désinformation, une collectivité désorganisée dans le cadre d’une ingérence étrangère ou tout simplement une PME attaquée par supply chain attack. Ces incidents ne viseront pas forcément le cœur des Jeux, mais chacun pourra malgré tout perturber l’accueil, ternir l’image ou tout simplement déstabiliser le bon déroulement de l’événement.

La question que l’écosystème cyber régional doit se poser dès aujourd'hui n’est donc pas seulement « comment sécuriser les Jeux ? » (ce qui est l’affaire du COJOP soit dit en passant) mais plutôt « comment préparer le territoire qui les accueillera ? ».

 

Chacun son périmètre

Le COJOP protégera ses infrastructures, son SI, ses flux, ses accréditations, ses données, ses prestataires directs, etc… Les keynotes de Franz REGUL permettaient justement de prendre la mesure de l'étendue de la surface d’attaque.

Mais le COJOP ne peut porter seul la cyber-résilience de tout un tissu économique, qui plus est sur 2 régions administratives (Auvergne-Rhône-Alpes et Sud-Provence Alpes Côte d’Azur).

Cependant, autour des Jeux, de nombreux acteurs ne se pensent pas encore comme “à risque”. Ils ne le sont pas forcément aujourd’hui mais pourront le devenir pendant quelques semaines, parce que leur activité contribuera précisément à l’accueil, à la mobilité, à l’information, à la restauration, à l’hébergement ou tout simplement à la continuité des services. La cyber-résilience olympique se jouera donc aussi dans la capacité des entreprises et des territoires à anticiper, autrement dit, à être aussi sous pression.

 

Le Campus Cyber territorial comme chef d’orchestre

La Région Auvergne-Rhône-Alpes a déjà posé une stratégie cyber structurante : protéger les entreprises, animer la filière, développer les compétences et faire du Campus Cyber territorial un lieu ressource. L’enjeu, sera donc de passer d’une stratégie à une capacité collective. Je vous invite par ailleurs à relire l'article relatif à la stratégie régionale de cybersécurité adoptée en 2025.

La valeur ajoutée du Campus Cyber territorial ne se résumera donc pas à ses murs, à son label ou à sa programmation mais à sa capacité à relier des mondes qui ne se parlent pas toujours : entreprises, fournisseurs de services & solutions cyber, collectivités, institutions, formation, recherche, Pôles et Clusters comme Digital League, etc…

Et c’est sans nul doute là que les JOP peuvent devenir un premier cas d’usage grandeur nature :

  • Identifier les secteurs d’activité exposés et à sensibiliser en priorité
  • Rendre les parcours d’accompagnement fluides et compréhensibles
  • Mobiliser les experts cyber, notamment du Club Experts Cybersécurité de DL ;-)
  • Tester des scénarios (à l’instar de l’exercice Rempar) en utilisant les salles gestion de crise et SOC du futur Campus Cyber territorial
  • Etc…

  

Deux Campus Cyber, une même mission

Pour rappel, les JOP Alpes 2030 se dérouleront à la fois sur les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Sud-Provence Alpes Côte d’Azur.

Malgré le transfert du pôle glace de Nice à Lyon, la Région Sud, tout comme Auvergne-Rhône-Alpes, est pleinement concernée, avec ses sites, ses collectivités, ses entreprises, ses flux touristiques et ses infrastructures.

Mais aussi, et surtout, elle dispose déjà du Campus Cyber IA Euromed à Marseille. Deux régions, deux Campus Cyber, un même événement planétaire… l’opportunité est suffisamment rare pour être soulignée.

La coopération pourra devenir très concrète : partager des retex, coordonner des exercices inter-régionaux, aligner les messages de sensibilisation, rendre les parcours de préparation encore plus clairs et préparer, à deux, les acteurs économiques exposés.

En 2027, il faudra identifier les secteurs exposés : hôtellerie, transport, systèmes de paiement, énergie, télécoms, prestataires, collectivités.

En 2028, il faudra entraîner. Pas seulement sensibiliser, mais aussi mettre les dirigeants et prestataires face à des scénarios crédibles, concrets comme ce fut le cas avec l’exercice Rempar25.

En 2029, il faudra tester la coopération à grande échelle et identifier les angles morts, comme les trous dans la raquette, à l'instar des exercices de préparation fait en amont du G7 d'Evian. Là aussi, je vous renvoi aux keynotes de Franz REGUL en la matière.

En 2030, enfin, il faudra soutenir les JO, sans se substituer au COJOP, à l’État ou à l’ANSSI. Le rôle naturel des Campus Cyber territoriaux sera celui d’un point d’entrée, de coordination et de mobilisation des acteurs de proximité.

En résumé, un événement inter-régional appelle forcément une réponse inter-régionale.


Quelle place pour Digital League et son Club Experts Cybersécurité ?

Dans cette trajectoire à long terme, Digital League et les membres du Club Experts Cybersécurité ont une place singulière à occuper.

Non pas en se substituant aux acteurs institutionnels, au COJOP, à l’État, à l’ANSSI ou aux futur Campus Cyber, mais en apportant ce qui fait sa singularité : la proximité avec les fournisseurs de services & solutions cyber, la connaissance des offreurs régionaux et la capacité à faire dialoguer des mondes qui ne se parlent pas toujours.

Le Club Experts Cybersécurité réunit des experts, des éditeurs, des intégrateurs, des prestataires, des acteurs de la réponse à incident, de la gouvernance, de la sensibilisation, de la formation et de la remédiation. Autrement dit, celles et ceux qui pourront aider les entreprises à comprendre leur niveau d’exposition, leurs dépendances, sensibiliser leurs équipes, tester leurs réflexes, bref se préparer à la crise et y face.

Dans une stratégie JOP à horizon 2030, notre communauté pourra donc devenir un relais très précieux pour faire remonter les signaux faibles, contribuer aux actions de sensibilisation, participer aux exercices, orienter les entreprises vers les bons interlocuteurs et transformer la filière cyber régionale en task force mobilisable au premier trimestre 2030.

 

L’héritage invisible des Jeux

Lorsque l’on parle Jeux Olympiques & Paralympiques, l’on parle héritage. Les JOP Alpes 2030 laisseront sans aucun doute de belles images, des rires, des larmes de victoire de médailles, des infrastructures, des souvenirs et une exposition internationale sans précédent.

Mais ils pourront aussi laisser un héritage moins visible et pourtant durable : des entreprises mieux préparées, des dirigeants plus avertis, une coopération inter-régionale renforcée et une filière cyber plus forte.

La labellisation du Campus Cyber territorial et la présentation de la carte des sites des JOP Alpes 2030 se sont donc croisés au même endroit, au même moment… reste maintenant à faire en sorte que ces deux trajectoires avancent ensemble.

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