Depuis l’arrivée de ChatGPT en novembre 2022, une idée reçue persiste sur les réseaux sociaux : les outils de codage basés sur les modèles de langage (LLM) seraient en train de supprimer massivement les emplois en ingénierie logicielle. Certains extrapolent même que la profession pourrait disparaître à 80 %, 90 %, voire 100 % dans un avenir proche. Pourtant, une analyse plus approfondie des faits révèle une réalité bien différente.
Un contexte économique plus large
L’article souligne que le déclin des embauches dans le secteur tech a en réalité commencé bien avant le lancement de ChatGPT. Dès mai 2022, une inflexion majeure s’est produite sur le marché de l’emploi, alors que l’IA générative n’était pas encore un sujet grand public. La raison principale ? La fin des taux d’intérêt historiquement bas, mis en place pendant la pandémie pour stimuler l’économie. Avec l’inflation et la hausse des taux, les entreprises ont revu leurs budgets à la baisse, réduisant ainsi leurs effectifs.
Les données montrent que les offres d’emploi pour les ingénieurs logiciels ont chuté, mais qu’elles sont aujourd’hui en légère reprise, avec une hausse d’environ 5 % par rapport à l’année dernière. Les entreprises qui clament remplacer leurs développeurs par des agents IA continuent, en réalité, d’embaucher massivement des ingénieurs humains. Comme le note l’auteur, "Regardez ce qu’ils font, pas ce qu’ils disent" : les annonces de recrutement chez les géants de l’IA, comme Anthropic, en témoignent.
Un phénomène cyclique
L’histoire se répète : après l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la crise financière de 2008, et maintenant la crise post-pandémique de 2022, le secteur tech subit un cycle de boom et de récession. Les licencements ne sont pas une nouveauté, et la profession a toujours su rebondir. L’auteur rappelle que le nombre de développeurs professionnels a continué d’augmenter pendant cette période, même si la population vieillit.
Un autre facteur aggravant est la rétention des talents : en période d’incertitude, les développeurs préfèrent rester dans leur poste plutôt que de changer d’entreprise, ce qui réduit mécaniquement le nombre d’offres disponibles. Ajoutez à cela une narration anxiogène sur l’IA, et vous obtenez un cercle vicieux où la peur limite encore plus les opportunités.
Une profession en mutation, pas en disparition
L’IA ne tue pas les emplois en ingénierie logicielle. Elle transforme les attentes et les compétences requises, mais la demande pour des développeurs humains reste forte. Comme le souligne l’auteur, "la prochaine décennie pourrait bien regretter d’avoir laissé partir des talents précisés". Plutôt que de craindre l’IA, les professionnels du secteur feraient mieux de s’adapter à ces cycles économiques récurrents.
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