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Ressources tech : faut-il externaliser ?

25 avril 2025 par
Ressources tech : faut-il externaliser ?
DIGITAL LEAGUE Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent PAÏTA

Talk du 15 avril 2025 qui s'est déroulé chez DOMOMAT, acteur du e-commerce, à Alby-sur-Chéran (74).

Dans un contexte de transformation numérique et de tensions sur les talents tech, de nombreuses entreprises se demandent : "Faut-il internaliser ou externaliser les fonctions technologiques stratégiques ?"

Ce Talk visait à fournir des repères concrets sur :

  • Le bon moment pour externaliser une fonction comme CTO ou DSI
  • Les avantages et limites des modèles hybrides
  • Les retours d’expérience d’entreprises en structuration ou en phase de croissance
  • Les bonnes pratiques pour piloter ces choix



Dominique MULLER

CEO, DOMOMAT 

Hugo DUPRE

Co-fondateur, CO-CTO


Pourquoi ce sujet est stratégique ?

Laurent PAÏTA a ouvert la session en rappelant que la pénurie de profils tech expérimentés, couplée à l’évolution rapide des besoins technologiques, pousse de plus en plus d’entreprises à questionner leur modèle d’organisation tech.

Il souligne l’intérêt d’ancrer cette discussion dans la réalité des entreprises locales, en particulier industrielles ou en croissance, à travers le témoignage d’un dirigeant (Dominique Muller) et d’un expert de l’accompagnement tech externalisé (Hugo Dupré).

Externaliser une fonction stratégique : un levier de structuration !

Hugo DUPRE (CO-CTO) a rappelé que l’externalisation d’un CTO n’est ni une sous-traitance, ni une solution d’urgence, mais bien un levier de structuration.

"L’externalisation est par nature temporaire. Elle permet à l’entreprise de cranter un cran au-dessus dans une phase où elle est fragile ou en transition."

Il décrit le modèle de CO-CTO, basé sur un accompagnement part-time, souvent sur 1 à 2 jours par semaine, pour définir la roadmap, piloter les choix structurants (architecture, recrutement, stratégie tech), et préparer une future internalisation.

CO-CTO peut également proposer le recrutement du CTO en CDI à la fin de la mission, ou jouer le rôle de chasseur de tête, permettant ainsi de tester le fit humain et stratégique.

"Ce format permet à l’entreprise de tester un C-Level avant de l’intégrer. C’est beaucoup plus sécurisant."

Retours d’expérience : comment arbitrer ?

Dominique MULLER (DOMOMAT) a partagé son parcours de structuration de l’organisation tech de DOMOMAT. L’entreprise, en forte croissance, a dû faire des choix entre recrutement interne, recours à des freelances ou accompagnement externe.

"On a eu besoin de compétences plus senior à certains moments, mais ce n’était pas le bon timing pour recruter en interne. L’externalisation nous a permis de lancer les bons projets, au bon moment."

Il précise que ces arbitrages dépendent :

  • Du niveau de maturité numérique de l’entreprise
  • De la nature des projets tech (socle long terme ou expertise ponctuelle)
  • De la capacité de fournir un cadre clair aux prestataires

Les deux intervenants convergent sur un point essentiel :
➡️ Ce n’est pas une question de dogme, mais de bon timing.

Externaliser permet d’accélérer, structurer, réduire les risques. Internaliser permet de stabiliser, ancrer une culture tech et construire dans la durée.

Quels critères pour choisir son modèle ?

Le débat a permis d’identifier plusieurs critères concrets pour guider les entreprises :

  • Le niveau de séniorité nécessaire : un profil externe très expérimenté apporte un cadre stratégique que l’on ne pourrait pas recruter immédiatement.
  • La criticité de la tech dans le modèle économique : plus elle est stratégique, plus une internalisation sera pertinente à moyen terme.
  • Les cycles de croissance : en phase d’hypercroissance ou de pivot, l’externalisation peut être la seule option pour garder le cap.

"Si on prend quelqu’un de moins expérimenté en interne, on peut tourner en rond. Le rôle de l’externe est aussi de vous éviter ça."

Bonnes pratiques pour réussir une organisation hybride

Quelques bonnes pratiques ont été partagées :

  • Cadrer précisément la mission de l’externe : livrables, durée, reporting
  • Travailler le fit humain dès le début : personnalité, valeurs, capacité à s’intégrer à l’équipe
  • Prévoir la transmission des compétences si l’on vise l’internalisation
  • Inclure l’externe dans la culture d’entreprise, même à temps partiel

Hugo insiste sur un point clé : "Une mission réussie, c’est une mission où on devient inutile au bout de quelques mois, parce que l’entreprise a structuré son équipe en interne."

Échanges avec le public

Plusieurs participants ont partagé leurs expériences :

  • Des difficultés de recrutement en zone alpine ou rurale
  • La volonté de sécuriser la croissance sans internaliser trop vite
  • Des questionnements sur la gestion de la confidentialité, les contrats et la continuité stratégique

Ces échanges ont montré que le sujet parle à toutes les tailles d’entreprise, et que beaucoup expérimentent déjà des formes d’hybridation tech, parfois sans le formuler ainsi.

A retenir
  • Il n’y a pas de modèle unique : chaque entreprise doit construire son organisation tech en fonction de son contexte.
  • L’externalisation permet de sécuriser une phase de croissance, à condition de la penser comme un moyen et non une fin.
  • Le modèle hybride (CTO externalisé + montée en compétences internes) est aujourd’hui une voie réaliste et efficace.
  • Le facteur humain est central : tester le fit, intégrer la personne, créer une relation de confiance.
  • Piloter la collaboration et anticiper la suite (recrutement, transmission, capitalisation) sont essentiels.


Contacts :

Hugo DUPRE / Co-fondateur de CO-CTO / hugo.dupre@co-cto.fr

En savoir plus sur le Talk :

Laurent PAITA / DIGITAL LEAGUE / l.paita@digital-league.org



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