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CR Club Experts Cyber - La cybersécurité des villes du futur

10 février 2026 par
CR Club Experts Cyber - La cybersécurité des villes du futur
DIGITAL LEAGUE Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent PAÏTA

Publié le 10 février 2026 par Laurent PAITA.
Temps de lecture : 3 minutes.

Villes du futur :

cybersécurité et éclairage public

Le vendredi 6 février 2026, au Campus Région du Numérique, le Club Experts Cybersécurité de Digital League et le Cluster Lumière ont réuni industriels, opérateurs territoriaux et experts cyber autour d’une question très concrète : quand l’éclairage public devient une infrastructure numérique, comment éviter qu’il ne devienne la porte d’entrée la plus simple de la ville connectée ?

La table ronde « De la concession à l’exploitation, intégrer la cybersécurité dans l’éclairage public et dans la ville du futur » a déroulé un fil rouge pragmatique : panorama des risques, sécurité “by design”, responsabilités, exploitation (mises à jour, supervision, incidents) et conditions de pilotes. Trois regards, un même objectif : produire des repères actionnables, sans jargon, pour des territoires où les objets connectés se multiplient.

Axel Abattu (Grenoble INP – Esisar) a d’abord remis l’enjeu à hauteur d’élus et de directions techniques : une cyberattaque sur un parc d’éclairage n’est pas “juste” un problème informatique. Elle peut engager des responsabilités, créer un risque pour les personnes, provoquer des effets d’image et, très vite, des impacts économiques. Et surtout : dans une ville, un équipement n’est pas forcément la cible, mais peut servir de tremplin, autrement dit un point d’entrée pour rebondir vers d’autres réseaux.

Côté industriel, Ludovic Girard (Comatelec-Schréder) a décrit la bascule : LED, télégestion, pilotage fin, remontées d’informations, intégration Smart City. La promesse est réelle, mais elle impose une discipline : sécuriser l’objet, la communication et les serveurs, puis tenir la distance. Il a partagé des pratiques concrètes (intégrité du firmware, identité matérielle unique, chiffrement, tests réguliers) et un message clé : “durcir” a un coût. Plus de sécurité, c’est aussi plus de contraintes de conception, d’audit et de maintien à jour.

Le regard terrain de Bruno Nselle Mouyenga (SYANE) a complété le tableau : en collectivité, la variété d’objets connectés explose (points lumineux, armoires, capteurs, IRVE, réseaux de chaleur…), mais la cartographie n’est pas toujours évidente. Les équipes s’appuient sur la DSI et sur les fournisseurs ; la cybersécurité figure bien dans les cahiers des charges, mais souvent trop générale pour éviter, en cas d’incident, le ping-pong entre acteurs. D’où deux attentes très opérationnelles : l’interopérabilité (pour éviter la dépendance) et la gouvernance de la donnée (propriété, accès, réversibilité).

Quand la discussion est arrivée sur la responsabilité, un point a fait consensus : juridiquement, l’élu ou la structure compétente est exposé ; opérationnellement, tout se joue sur la clarté contractuelle et la capacité à prouver. Et sur un sujet, tout le monde s’est rejoint : détecter une attaque est un métier. Savoir distinguer panne et attaque, définir une chaîne d’escalade, contractualiser une capacité d’appui, fixer des délais et des preuves (journaux d’événements, supervision, continuité de service) : c’est la base d’une exploitation résiliente.

Dernier temps fort : les pilotes. Plutôt que “tester pour tester”, les intervenants ont convergé vers une approche utile : un périmètre limité mais représentatif, des scénarios d’incident, des critères de réussite, et des responsabilités clarifiées. Le passage à l’échelle, du labo à la rue, puis au parc entier, reste le juge de paix.

En filigrane, cette rencontre a rappelé une évidence : la cybersécurité n’est plus un sujet “à côté” de la lumière. Elle devient une condition de confiance, un critère de marché, et un prérequis pour que la ville du futur reste… allumée.

A l’issue de cette table ronde, les participants ont pu découvrir les plateformes du Campus Région du numérique à savoir : Diwii, Swarm Itc et Surfab. L’occasion pour les industriels / professionnels présents de découvrir les opportunités qu’offrent ces plateformes dans la digitalisation des processus, la transformation des organisations et la formation continue des équipes.